Site Loader

Dernièrement, j’ai lu qu’un voyage transatlantique en avion par une famille de 4 personnes « ruinait » 2 ans d’une démarche écologique quotidienne engagée : zéro déchet, végétarisme….

Les comportements les plus impactants écologiquement sont bien connus : transports, alimentation arrivent (très) largement en tête des points noirs.

Une fois que l’on sait cela, faut-il pour autant abandonner la politique des petits pas ? Faut-il persévérer dans une démarche individuelle ou familiale quand on connaît les dérives des grands groupes internationaux et les difficultés de nos dirigeants à légiférer ? Dans la blogosphère des acteurs engagés, on ressent une forte lassitude ces derniers temps.

Le colibri frise le burn-out.

Bien évidemment, la solution écologique est forcément systémique.

Une approche individuelle ne suffit jamais, dans quelque domaine de ce soit. Il est impératif de prendre conscience de notre environnement, du plus proche de nous au niveau le plus macro.

Mais cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner le quotidien, ces petits gestes que nous apprenons encore à faire, et qui, pour certains, demandent encore bien des efforts.

Parlons concret, parlons mégots !

8 millions de mégots de cigarette sont jetés chaque minute dans le monde.

Un seul de ces mégots contient plus de 4000 substances toxiques, dont une cinquantaine sont cancérigènes.

Et…

1 / 3 seulement des mégots sont récupérés ; ils sont rarement recyclés, et donc, le plus souvent incinérés.

Les autres sont jetés et finissent souvent dans les caniveaux, puis dans les égouts, et enfin, dans les océans.

Un mégot pollue environ 500l d’eau. 

Il s’agit du 3ème déchet le plus mortel dans les océans.

Pourquoi est-ce si polluant ?

Parce que le filtre contient de l’acétate de cellulose, soit, du plastique. A cela s’ajoute la pollution des filtres, pollution issue des produits de la combustion de la cigarette. Et c’est de là que vient la difficulté principale du recyclage des mégots, à avoir, aujourd’hui, les performances relatives des procédés de lavage des filtres.

Le petit pas quotidien :

L’acte quotidien et répété de jeter son mégot dans un cendrier urbain est un acte écologique fort.

Il ne faut pas en douter.

De même que posséder un cendrier de poche, en particulier quand on se trouve sur la plage, en montagne…Ce sont des petits gestes, certes, mais ils ne sont pas anodins. Chaque hiver, je vois des personnes jeter leur mégot du télésiège. A quoi pensent-ils donc à ce moment-là ?

Pas à leur portefeuille.

Et pourtant.

Le ramassage des mégots a un coût pour la collectivité, et donc, indirectement, pour nous tous. Et ce coût est loin d’être anodin : 55M€ par an pour la métropole du Grand Lyon, 115 000 € pour le nettoyage des plages à Narbonne.

Pour parer à cette problématique, les villes prennent de plus en plus d’initiatives pour favoriser la récupération des mégots : campagne de sensibilisation par voie d’affichage ou tract, mise à disposition de mobilier urbain, fléchages. La ville de Paris par exemple veut mettre en place des « rues sans mégots ».

Les villes ont déployé un autre levier : la répression. A Paris, jeter son mégot par terre est passible d’une amende de 68€.

A quoi participe-t-on quand on jette son mégot dans un endroit approprié ?

A éviter qu’il parte dans les océans, ok. Mais encore…

Bien que le procédé soit complexe, certaines sociétés développent des idées, des recherches pour le recyclage.

En Bretagne, la société Mégo propose un recyclage des mégots, selon un procédé encore unique en France. Les mégots sont broyés pour séparer les résidus de cendres, de tabac et les filtres. Ces derniers sont lavés dans plusieurs bains d’eau en circuit fermé, ils sont séchés, puis broyés à nouveau et compressés pour devenir des plaques pouvant être transformées en mobilier de bureau.

Mégo parvient à dépolluer les mégots à hauteur de 90 à 100%. Ce n’est pas encore parfait bien sûr, mais on avance.

Des associations s’impliquent, dans les Villes, les entreprises mais aussi auprès de particuliers…

GreenMinded est l’une d’elles. Cette association de loi 1901 d’intérêt général de préservation de l’environnement, s’engage à sensibiliser la société à l’impact environnemental des mégots de cigarettes et à démocratiser le recyclage de ce déchet plastique. Elle propose des kits de récupération des mégots, des boites en somme, qui sont ensuite envoyer pour recyclage à la société Mégo.

De l’action locale à l’action politique nationale et internationale

Nul besoin je pense de vous faire un pavé sur les pouvoirs des lobbies du tabac sur nos instances politiques, nationales ou européennes…Mais pourtant, en France, le projet de la loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, encore en discussion, pourrait imposer une taxe « mégots » aux cigarettiers, selon le principe « pollueurs-payeurs ».

Actuellement, les fabricants de cigarette se refusent à travailler sur les possibilités de recyclage des mégots, les jugeant complexes et pas suffisamment efficaces. Ils préfèrent encourager l’incinération. Les produits de cette taxe seraient consacrés notamment à la mise en place d’action de sensibilisation.

Le meilleur déchet étant celui que l’on ne produit pas, je ne pourrais pas occulter le conseil premier qui serait d’essayer d’arrêter de fumer ou de limiter sa consommation. Mais là n’est pas tout à fait le sujet de cet article ! Fumer n’est pas obligatoirement synonyme de polluer.

Le geste, si petit soit-il, de jeter son mégot dans un cendrier adéquat, d’encourager son collègue de bureau, ses amis de faire de même n’est absolument pas négligeable.

Il est essentiel.

Stéphanie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *