L’ortie, une plante médicinale à (re)découvrir

L’ortie, une plante médicinale à (re)découvrir

Lundi, 9h.

Je suis dans les toilettes du 4ème étage sur mon lieu de travail. Soudain, (attention, passage très glamour !) une douleur bien méchante me fait m’agripper à mon siège.

Pas besoin d’un diagnostic différentiel, une infection urinaire rôde….

Réflexe numéro 1 : boire boire boire. Pas miraculeux, évidemment, et heureusement que c’est une journée plutôt calme côté réunions !.

Réflexe numéro 2 : Prendre RV chez le médecin ? Pas possible avant mercredi et pas sure d’avoir de la place…A la pharmacie ? Mouais…Contenu de mon armoire à pharmacie ? Pas grand-chose….

Et dans mon jardin ?

Oui, victoire !

Il y a des orties.

Il y a toujours des orties dans mon jardin.

Et heureusement !

L’ortie, plante médicinale depuis des siècles

S’il y a une plante que tout le monde connaît et sait reconnaitre, c’est bien l’ortie.

Considérée comme envahissante, nuisible, elle est souvent détruite ou en tout cas délaissée quand elle pousse dans nos jardins.

Et pourtant….

Depuis l’Antiquité, elle fait partie des plantes médicinales les plus efficaces et reconnues.  

Plante médicinale, voire plus si affinités.

A Rome, les légionnaires se fouettaient avec des orties pour se réchauffer et se stimuler, pendant que leurs élites se faisaient cravacher par leurs esclaves avant des jeux moins guerriers…

Pline (1er siècle) recommandait l’ortie pour ses propriétés hémostatiques (c’est à dire qu’elle favoriserait la coagulation)

Au moyen âge, elle était préconisée contre l’angine, les crachements de sangs, les maladies de la rate, les maux de têtes…

Au 18ème siècle, le jus d’ortie était utilisé pour favoriser la cicatrisation des plaies.

Elle est aujourd’hui inscrite sur la liste des plantes médicinales retenues comme telles par   la Pharmacopée Française (10èmeédition,1993, liste A).

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter ce document : http://docnum.univ-lorraine.fr/public/SCDPHA_T_2005_DRAGHI_FRANCINE.pdf

L’ortie : propriétés et bienfaits

L’ortie est constituée de différents principes actifs, comme de nombreux minéraux (calcium, chlore, magnésium, manganèse, potassium, soufre, zinc, silicium et fer en importante quantité), des vitamines comme la vitamine B2, B5, B9, K, C et la provitamine A, des oligo éléments (manganèse, silice, potassium, soufre) et de la chlorophylle en grande quantité.

Les feuilles d’ortie ont en particulier des propriétés diurétiques, dépuratives, astringentes, toniques, stimulantes, reminéralisantes, anti-inflammatoires et antioxydantes.

Ce qui couvre un large spectre, nous sommes d’accord.

Les bienfaits de l’ortie peuvent être appréciés sous forme de tisanes, d’infusions ou encore en décoction. Il est possible de préparer des tisanes avec les feuilles ou les racines de l’ortie.

Pour un article des plus complet sur les propriétés de l’ortie, je vous recommande le blog Athea Provence : https://www.altheaprovence.com/blog/ortie-urtica-dioica-urens/

Un petit mot sur les précautions et contre-indications

Devrais-je préciser que les feuilles sont très urticantes et que des gants sont nécessaires pour la cueillette ?

Non, on est d’accord !

Par contre, il faut avoir en tête que certaines personnes peuvent réagir par des inflammations et des urtications à tout contact avec l’ortie, même une fois bouillie ou concentrée en teinture. Ces réactions, rares sont impressionnantes mais sans danger.

Si vous prenez un traitement et/ou vous connaissez une pathologie particulière, je vous invite à évoquer le sujet avec votre médecin, et notamment en cas d’insuffisance rénale, si vous souffrez d’hémochromatose (excès de fer) ou bien si vous êtes sous anticoagulants de type anti-vitamine K (l’ortie est riche en vitamine K et en fer).

Des études ont révélé que l’ortie pouvaient absorber des métaux lourds et des pesticides. Ainsi, soyez vigilant sur vos lieux de cueillette.  

Mes 3 usages de l’ortie (+1 en cours de test)

En infusion : la tisane d’ortie :

Le plus simple assurément. Il s’agit de cueillir des jeunes feuilles et de les mettre à infuser dans de l’eau bouillante. Pour les quantités : 20 à 30 g de plante sèche par jour dans 1 litre d’eau, pour la plante fraîche, vu son taux d’humidité, il faudra s’approcher des 100 g/jour.

Privilégiez une cueillette matinale si vous y pensez. J’avoue que le fait d’en avoir dans le fond de mon jardin m’amène à aller les cueillir au gré de la journée.

Je laisse infuser et hop, je bois ! Parfois, elle est tiède, cela ne me dérange pas. Pour recueillir le maximum de bienfaits, il ne faut pas avoir peur de laisser infuser longtemps. Certains recommandent jusqu’à 30 minutes….

Franchement, le gout est agréable, herbeux, mais assez doux. Je ne sucre pas. Cette tisane est très désaltérante. Je la bois habituellement en journée ou le soir, mais il m’est aussi arrivée de la boire le matin, et elle passe très bien.

J’ai pris l’habitude de consommer cette tisane plutôt au printemps, quand les pousses d’orties sont encore jeunes. Mais en fonction de son apparition, je peux tout à fait en boire encore tout au long de l’été et l’automne.

Petit aparté : pour bénéficier au mieux des bienfaits des plantes médicinales, il ne faut pas se contenter d’une petite tassette de tisane ! Il est plutôt recommandé d’en boire entre 4 et 5 tasses par jour en cure pendant quelques jours.

Afin de conserver les feuilles, j’ai essayé d’en faire sécher, mais je n’ai pas le matériel adéquat…et mes feuilles, si elles ont bien séchées, ont aussi pris pas mal de poussières.

L’ortie en cuisine (et en loucedé de ma family !),

Dans des quiches, des soupes. Toujours mélangé à d’autres légumes feuilles pour masquer son éventuellement gout. Bien que je doute que quiconque ne puisse s’en rendre compte.

Pour être honnête, je ne pense pas que les quantités utilisées puissent être considérées comme bénéfiques si l’on se place d’un point de vue médicinale, mais bon…

L’ortie au jardin : en purin !

Le purin d’ortie est connu pour ses vertus…Pour cela, j’arrache des grandes tiges, j’essaie de les couper un peu et je les colle au fond d’un seau. Je recouvre d’eau. Je recouvre tout court et je laisse le tout à l’extérieur environ 3 semaines. De temps en temps, je tambouille un peu. Et puis, je filtre et je diffuse sur mes arbres fruitiers, sur mes jeunes plats au printemps.

Le   purin d’ortie permet de lutter en traitement préventif contre les maladies cryptogamiques : cloque du Pêcher, oïdium, mildiou, rouille du Groseillier.

Et pour finir, je teste aujourd’hui, l’eau florale d’ortie. L’ortie comme ingrédient cosmétique !

Même chose que l’infusion, si ce n’est que je laisse infuser plus longtemps. Je crois que pour ce 1er essai, je n’ai d’ailleurs pas assez attendu avant de filtrer…

Retour de test après usage sur les peaux adolescentes de la famille.

Et vous, utilisez-vous cette super plante ?

Et que faut-il à l’ortie? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement comme la graine tombe à mesure qu’elle mûrit, elle est difficile à récolter. Voilà tout.

Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d’hommes ressemblent à l’ortie !

Victor Hugo : Les Misérables

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