La cueillette en forêt sans risque pour sa santé

La cueillette en forêt sans risque pour sa santé

C’est le week-end. Le soleil brille et malgré le froid, vous êtes partant pour une balade en forêt.

L’occasion est belle pour organiser une cueillette de noix, noisettes, champignons ou châtaignes .

Oui, mais une cueillette sans risque pour sa santé !

Vous avez lu mon 1er article et vous connaissez les droits et devoirs du parfait cueilleur.

Bien.

Toutefois, il reste quelques informations qu’il vaut mieux connaitre pour parfaire votre carrière de cueilleur.

Dans cet article, je vous parle des risques que vous pouvez encourir, soit par méconnaissance de la flore locale et de son environnement, soit à cause de produits polluants.

Les risques liés à la cueillette de plantes, baies ou champignons

Les très photogéniques amanites tue mouche ne tromperont personne. Mais ce ne sont pas les seules espèces pouvant s’avérer dangereuses. Et quand bien même le risque se limite à quelques maux de ventre, il est quand même préférable de s’en passer !

Le danger le plus grand, à mon sens, est celui de confondre une plante comestible avec une plante toxique. Parfois, la ressemblance est telle qu’il faut beaucoup de pratique pour les distinguer. Si nos grands-parents connaissaient bien les plantes de leur région, ce savoir s’est malheureusement peu transmis et, pour la majorité d’entre nous, la reconnaissance des plantes n’est pas toujours chose aisée.

Parallèlement à ça, et conscients d’être de plus en plus dépendants d’un système d’approvisionnement contrôlé, nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter reprendre (un peu) la main sur notre environnement.

Comment fait-on ?

Il existe des livres pratiques qui peuvent nous aider à reconnaître les plantes comestibles.

Pour ma part, j’ai celui-ci que je trouve particulièrement riche, notamment parce qu’il nous présente les plantes selon les différents lieux de cueillette. Mais surtout, il y a quelques pages à la fin présentant les risques de confusion les plus fréquents. Les auteurs les appellent les « sosies toxiques ».

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ail des ours

Dans les exemples présentés, il y a le cas de l’ail des ours.

Une plante que l’on peut trouver assez facilement dans nos forêts, mais qui ressemble beaucoup au colchique, au muguet et à l’arum, qui sont, eux, très toxiques

Outre les livres, si vous êtes débutants, je vous conseillerais de faire quelques sorties nature et botanique avec un connaisseur, un botaniste. Il existe de plus en plus d’associations en zone rurales, mais aussi en ville, qui proposent ce genre de ballades à la demi-journée.

Cela vous permettra de prendre quelques réflexes et vous rassurera dans vos premières cueillettes en solitaire.

La règle de base doit toujours être la suivante :

je ne connais pas, je ne prends pas. J’ai un doute, je fais vérifier par une personne de confiance : un pharmacien par exemple.

Cette règle est valable pour les plantes, les baies ou les champignons.

Les risques liés à la cueillette en milieu pollué

On le sait aujourd’hui : l’usage des pesticides de synthèse nuit à la fois à la biodiversité et à la santé humaine. La « loi Labbé »  de 2014 a interdit leur utilisation aux collectivités depuis 2017, et aux particuliers depuis le 1er janvier 2019.

Pourtant, 69 herbicides et insecticides de synthèse sont encore autorisés en France sur environ 20 millions d’hectares de zones non-agricoles, dont la plupart accueillent du public, et notamment les forêts.

Une bonne nouvelle récente

L’Office national des forêt (ONF) a annoncé le 18 octobre dernier , avoir mis « fin à l’utilisation de tout type de traitement phytopharmaceutique (…) en anticipation des évolutions réglementaires« . Ce qui est une bonne nouvelle, quand bien même cela ne concerne pas les forêts privées (soit, les deux tiers de nos forêts en France). Petit à petit, les bonnes pratiques se diffusent….Gardons espoir !

Toutefois, en l’état actuel des pratiques et dans le doute, je vous conseille d’éviter les cueillettes aux bords des routes trop fréquentées, des champs, des vignes et des vergers cultivés en agriculture conventionnelle. Choisissez plutôt des chemins de balade éloignés des grands axes.

Les risques liées aux maladies (les cas de l’Echinococcose et de la douve du foie).

Ces deux parasites sont les plus couramment incriminés dans les risques liés à la cueillette.

L’Echinococcose est une ver parasite. On parle souvent des renards, mais elle est transmise, le plus souvent par la salive de nos animaux de compagnie : chats et chiens. Bien plus fréquemment que par la consommation de plantes ou de baies. La cuisson les détruit systématiquement. Certaines zones sont plus à risques que d’autres. L’est de la France est particulièrement touché.

La douve du foie est propagée par des animaux et notamment les vaches ou les moutons. Elle peut ainsi être présente, sous forme de larve, sur les végétaux qui se trouvent aux bords des cours d’eau et autres eaux stagnantes. Ce parasite est détruit à la cuisson. Attention donc si vous consommer la plante crue. D’une manière générale, pour s’en prémunir, évitez les zones humides proches d’enclos ou de pâtures.


Vous connaissez maintenant les principaux risques pour la santé liés à la cueillette.

Documentez-vous, formez-vous, partagez ! Et partez serein pour profiter au mieux des nombreuses plantes comestibles.

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